Le Land Art
J’ai découvert le Land art grâce à une mère artiste peintre m’ayant initié jeune au monde de l’art. Les œuvres d’Andy Goldsworhty furent un véritable coup de cœur, j’entrais profondément en résonnance avec ses créations.
À l’aube de l »été 2021, un basculement intérieur s’est opéré.
J’ai enfin choisi d’assumer pleinement que la photographie n’était pas qu’une passion de fin de semaine — c’était une part essentielle de qui je suis.
J’ai décidé d’embrasser cette identité d’artiste, à travers l’image, mais aussi par l’écriture, la musique, le chant, les instruments…
C’est à ce moment-là que l’appel du Land Art s’est fait à nouveau entendre.
J’ai découvert des oeuvres appelées Morning Altars créées par Day Schildkret. Quelque jours plus tard, j’étais inscrite à la première cohorte internationale de praticien·nes et enseignant·es de sa pratique.
L’aventure a débuté en juin 2021, aux côtés d’une centaine de personnes venues des quatre coins du monde. Une communauté vibrante, un guide profondément inspirant.
Depuis, ce choix m’ouvre des espaces infinis de joie, de paix et de connexion.
Une voie où l’art, la nature et la présence se rencontrent.
La pratique des Morning Altars est composée de 7 étapes qui nourrissent le corps, le coeur et l’esprit grâce aux pouvoirs de transformation de la nature, de l’art et du rituel. Elle invite à une relation de réciprocité avec la Terre, réveille notre créativité innée, nous parle d’impermanence et apporte du sens quant à notre présence au monde. Découvrez le livre de Day Schildkret et son site web.
La chasse au trésors
Laissez-moi vous raconter ce que les Morning Altars ont transformé dans ma vie.
Tout commence par la chasse aux trésors — peut-être l’étape que je préfère. Elle nourrit tellement mon quotidien ma vie que je ne pourrais plus m’en passer.
En tant que photographe, j’ai toujours porté un regard curieux, contemplatif, profondément émerveillé sur le monde, et en particulier sur la Nature. Mais depuis que je pratique les Morning Altars, cette attention s’est intensifiée, affinée.
Mes yeux sont devenus ceux d’un faucon : chaque couleur m’appelle, chaque ligne me parle, chaque détail m’émeut.
J’ai appris à regarder de deux façons :
Avec la vue panoramique — celle qui embrasse un paysage, un espace, une atmosphère.
Et avec la vue-loupe — celle qui perçoit la nervure d’une feuille, la texture d’un lichen, le frémissement d’un insecte dans l’humus.
Je m’exerce aussi à regarder comme si c’était la première fois. Ou la dernière.
Faites l’expérience : vous verrez combien cette pratique nous transforme. Elle nous rend à la présence, à l’intensité du vivant, à la beauté du monde.
Laissez-vous fasciner. Réapprenez à toucher au mystère. Observez comment, peu à peu, votre cœur — et chaque cellule de votre corps — entre en résonance avec ce que vous voyez.
Redécouvrez ce langage oublié : celui de la beauté.
Le geste
Après le regard, il y a le geste.
Toucher, ramasser, cueillir.
À ce moment-là, je prends pleinement conscience des cadeaux que la Terre m’offre. Ce geste, si simple en apparence, appelle une posture intérieure faite d’humilité et de gratitude.
La Nature n’est ni un dû, ni un réservoir dans lequel puiser sans mesure. Elle est vivante.
Alors je pose cette question : Quelle est votre intention derrière le geste qui rend vôtre ce que vous convoitez ?
Pour ma part, je cueille peu, privilégiant des végétaux déjà tombés. Lorsque je souhaite cueillir, je demande toujours la permission à la plante. Parfois, je perçois nettement quand elle ne le souhaite pas. Il y a une fermeture dans l’énergie. Parfois, j’explique un peu plus ma démarche, mon intention et l’ouverture se crée, parfois non, alors je ne cueille pas. Il n’est pas nécessaire de tout s’approprier.
L’extraordinaire dans l’ordinaire
Le Morning altar réveille la curiosité et l’émerveillement de l’enfant qui sommeille en nous. On se laisse emporter par une vague de joie enfantine comme si on découvrait le monde pour la première fois. Il nous fait pratiquer la pleine conscience, on entre alors dans un espace méditatif où l’on se laisse porter, sans chercher à contrôler.
On réapprend à se laisser surprendre.
À redécouvrir l’extraordinaire dans l’ordinaire.
La création comme rituel
Il est possible de créer en posant une intention claire : — pour marquer une étape de vie, une transition, une naissance, une perte, une renaissance… Chacun s’approprie la pratique à sa manière.
Pour ma part, je crée avant tout pour le plaisir, la joie et l’émerveillement que cela me procure. C’est comme une danse entre mon regard, mon cœur et mes mains.
J’aime la surprise du résultat, ce qui a été créé n’est jamais complètement mien, je sens toujours une présence qui s’invite dans le jeu pour créer une énergie particulière.
La nature m’a offert les éléments ramassés, — en retour, je lui offre une création.
Une offrande aussi à celles et ceux qui croiseront cette oeuvre éphémère.
Et pourtant… aujourd’hui, tant de regards sont rivés aux écrans. Même lorsque je crée sur le trottoir, juste devant chez moi, peu de passants le remarquent.
Une invitation à ralentir
Ce que je souhaite avec les Morning altars, c’est d’être une invitation à regarder avec des yeux nouveaux, à choisir une posture intérieure différente face au monde naturel en sentant qu’on en fait partie. À retrouver la joie dans ce qui est simple : être en lien avec ce qui nous entoure.
Voir la beauté tout près de soi, c’est un baume pour le cœur.
Un remède doux dont nous avons tant besoin.
Et peu à peu, une paix s’installe.
Car en renouant avec la Nature, on se reconnecte aussi à soi-même.
L’impermanence
J’ai toujours été touchée par les œuvres d’art éphémères— celles qui surgissent, créent l’événement, puis s’effacent. Elles sont une invitation à saisir l’instant présent comme étant cet espace d’éternité qu’il est vraiment.
Elles nous invitent à tisser une relation plus intime et moins craintive avec le changement, le temps qui passe, la roue qui tourne, la mort et la renaissance. Elles appellent à un espace de laisser être.
Aujourd’hui, ce que j’aime plus que tout c’est créer devant notre maison. Au pied de l’escalier. Le Morning altar devient un portail. Un passage.
Un seuil sacré. Comme dans la tradition des femmes en Inde qui créent des rangolis devant leur porte de maison.
Je pourrais continuer à écrire, mais je vous invite plutôt à m’accompagner dans l’un de ces bains de nature créatif pour avoir la joie de partager ce moment ensemble.
J’espère aussi vous croiser, un jour, au détour d’une ruelle ou d’un sentier, le panier au bras, vagabondant, des étoiles plein les yeux et le cœur. Ou bien agenouillé.e sur la terre, dans un espace joyeux et méditatif en train de créer avec les trésors glanés.
Voici quelques Morning Altars créés en 2021. Découvrez mon compte Instagram pour en découvrir plus ainsi que des photos, des vidéos et de la poésie :
























