La porte de ma maison

Nous sommes le 6 juin 2025. Je marche dans la forêt, en randonnée sur l’une des montagnes du Péloponnèse.

La floraison printanière touche à sa fin, et pourtant les fleurs sont encore nombreuses.
La ciste est à son apogée, l’immortelle m’offre son parfum de maquis.
Je chante, je respire, mon corps est vivant.

Je m’arrête en chemin pour manger un peu, méditer, et créer un Morning Altar.

La pratique du Morning Altar et celle du Shinrin Yoku ont profondément nourri et transformé ma relation avec le Vivant.

Mes sens se sont aiguisés. Mon corps est en éveil, à l’affût.
Il veut tout connaître, tout rencontrer : les formes, les senteurs, les ombres et les lumières, les couleurs, les textures, les mélodies, le froid, le chaud…
Il y a une ivresse, une exaltation, parfois même une véritable extase face à l’abondance de ce Monde.

Il y a aussi le temps qui ralenti.

Le chant du rouge-gorge en crescendo sur ce sentier en lacets.
La canopée qui danse dans le vent – un appel à la fascination.
L’air cristallin au sommet de la montagne, avec sa texture si différente de celui de la plaine.

Le Vivant parle, raconte, il appelle au dialogue avec notre corps.
Pour moi, c’est une véritable histoire d’amour.

Tout n’est pas idyllique. Loin de là.
Le Vivant est sauvage.

J’ai chanté à pleine voix en entrant dans les chênaies, pour avertir les sangliers de mon arrivée, et éviter de me retrouver à nouveau nez à nez avec eux.
Une nuit passée en nature est un apprentissage : dormir avec les sons du Vivant, qui ralentissent sans jamais s’éteindre, travaille la confiance et le sentiment de sécurité.
Il arrive même qu’on en veuille au Soleil de briller trop fort, lors d’une journée sans abri.

Aujourd’hui, j’appelle à moi ce lieu niché au sein du Vivant, dans lequel mon corps, mon cœur et mon esprit s’y sentiront abreuvés et en profonde sécurité. Ma présence en ce Monde pourra s’offrir dans une réciprocité sans retenue.

Et puis, peut-être qu’un jour je disparaitrai complètement, absorbée par l’objet de ma contemplation, je serai devenue montagne, ciste, chêne, nuage, terre…

De coeur à coeur,

Chloé

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