Incohérence cardiaque

Je vous partage ici un texte un peu plus sombre que d’habitude mais qui parle aussi d’une partie de ma vie.

Je le dépose accompagnée de photos pleine de joie car comme toujours les émotions sont en mouvement et pleine de nuances.

Incohérence cardiaque

Ces soirées
Où la maison
Résonne de ton absence,
Je découvre les traces
De tes derniers jeux,
Derniers mouvements.
Les larmes
Franchissent le seuil.
Où es-tu?
Je n’entends plus
Le nom que je porte
Depuis 7 ans maintenant :
Maman.

Je respire dans ce vide
de toi,
À la recherche
De ce qui fait sens
En ton absence.
Sans toi,
Je ne suis plus certaine
De savoir qui je suis
Ni ce que je deviens.
Tu as jeté l’ancre
Dans mon cœur
Qui part à la dérive
Quand tu marches
Sur d’autres rives.

Le quotidien
Et son silence
Crient à chaque instant
Que tu n’es pas là.
Il est dit
Que j’aurais du temps
Pour moi…
Incohérence cardiaque
S’habituer
À être une mère
À temps partiel
Violence
Dans cette chaire
De femme mère.
Brèches dans le continuum
du temps.
Vivre maintenant
Dans un film surréel
Où tu apparais
Disparais.
Réapparais.

Tu perds mon odeur
Celle que tu avais
Quand tu es né.
Le sel de ma Terre.
Mon fils.

Ces soirs où tu m’es ravi
Je cherche l’ambre
Cet encens rapporté
De mon île adorée.
Elle brûle
dans une salamandre.
Il y a ce parfum
Qui s’élève
Doucement
M’enveloppe,
Me rassure,
Me calme,
Me berce.
Me ramène
Dans le ventre de la Terre.
Là où je peux rire ou pleurer
Sans être juger.

Ce soir-là, j’ai demandé à l’ambre de me parler, voici ce qu’elle m’a dit :« Je te rappelle le parfum musqué de la Terre. Je te rappelle ta divinité, entre Terre et Ciel, puisqu’en s’incarnant, on s’élève dans les cieux, les deux pieds sur terre.
Dans cet espace, tu peux te déposer sans te juger. Mon parfum est l’odeur de ton corps, celui de ton haleine et de tes cheveux.  Je suis fait de ta sueur et de tes larmes.  Je suis la prunelle de tes yeux. Je suis le suc qui émane de ton regard, la douceur de ton cœur.

J’agis comme un amplificateur de tes racines et de tes ailes.  Quand tu as les deux, alors tu reviens vers l’équilibre. Présence légère. J’élève ton esprit au-delà du chagrin, dans la paix qui réside en tout.  Le voile de l’illusion se soulève, la sérénité revient. Dans le dénuement du cœur et du corps, je dépouille du superflu. Tout ira bien dans la présence de toi. »

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