En Crète
Il y a
Le Vent
…
Il fait nuit,
Je monte ma tente
Sur le sable doux.
Le vent souffle fort
Inquiétude,
Tiendra-t-elle le coup?
La plage offre des galets blancs
J’en dépose sur les piquets
Et à l’intérieur de ma demeure.
J’installe seulement le squelette,
Un peu de toile et beaucoup de filet
Qui laisse le vent passer.
Je me couche dans le noir.
Avec les rafales.
Mes yeux se sont habitués à la nuit
Je n’utilise plus de lampe.
La tente tangue.
Mon corps apprécie le confort du sable tendre
Sous mon matelas.
Et là,
Au milieu de la nuit,
Au bord de la mer,
Avec une tente barque ou cocon,
Secouée par le Vent,
Je me sens profondément en sécurité.
…
J’aime le Vent avec une telle intensité.
Chaque jour, je lui chante des mots d’amour
Qu’il emporte et disperse
Dans les montagnes, parmi les parfums de cyprès, thym et genévriers.
Dans la fraicheur des gorges au couleurs de platanes et de lauriers,
Dans le Bleu ensorcelant de la Méditerranée et de la mer de Lybie,
Dans les sources cristallines qui étanchent la soif,
Jusqu’au Soleil, astre chéri,
Jusqu’à la Lune, promesse d’une histoire d’amour.
Mon cœur leur appartient.
…
J’ai grandi avec le Mistral,
On dit qu’il rend fou, tant son souffle est puissant.
Ce corps à cœur remonte à loin.
Ici le vent est chaud,
Il m’enveloppe, me berce chaque nuit
Il lèche ma transpiration durant les randonnées,
Fait voler ma chevelure et mes boucles d’oreilles,
Comme toi lorsque tu enlèves l’élastique de mes cheveux,
Pour tout libérer, pour tout attraper.
Ce geste que j’aime temps
Parfois tu demandes la permission,
Parfois non.
Ce geste vivant de tendresse
Ce geste qui me désire sans rien.
Un mois et demi que je dors avec le souffle du vent
Qui me murmure des mots doux et sauvages.
Comment vais-je pouvoir à nouveau dormir entre 4 murs ?
Déjà que je suis privée de toi,
Comment vais-je me priver de Lui?
…
Au Mont Gingilos
Tu étais tellement redoutable
Arrivée au col,
Je me suis laissée tomber dans tes bras,
Tu m’as soutenu, je n’ai jamais touché le sol.
J’ai hésité longtemps à poursuivre jusqu’au sommet.
Déjà que tu me faisais trébucher à flan de falaise.
Vais-je m’envoler? Tomber dans l’abîme?
Alors pour dompter ma peur,
J’ai crié, à chaque rafale toujours plus forte.
J’ai crié ma propre puissance, celle que tu nourris à l’intérieur de moi.
J’ai crié pour réveiller la joie, l’ivresse, le courage, la vie.
J’ai grimpé sur les roches jusqu’à ce que j’aperçoive la mer de Lybie, les Montagnes Blanches,
Et je t’ai dit encore et encore à quel point je t’aime.


