Je ne pleurerai pas à tes funérailles.

Hier, Yuri, mon fils de 3 ½ ans m’apprend que le chat de ses cousins est mort. Et que toute la famille est triste. 

« Est-ce que je dois être triste maman?« 

Avant, ma réponse aurait ressemblé à ça : « bien sûr… Si tu ressens de la peine, tu as le droit d’être triste et de pleurer ».

Aujourd’hui, quand mon fils me demande s’il DOIT être triste, je réalise à quel point la tristesse face à la mort (ou autre) est inculquée.  On la copie/colle de sa famille, de la société dans laquelle on vit… On la choisit alors que ce n’est pas un passage obligé (on le remarque dans la relation à la mort qui est différente selon les pays).  

Je réalise, également, à quel point, une grande partie de ma propre tristesse qui a perduré pendant des années, était un choix que j’avais fait pour ne pas invalider la réalité de ma mère et mon père. Ces derniers avaient des points de vue assez lourds par rapport à la vie.

Quand on choisit d’être triste ou de vivre un long deuil, c’est un point de vue que l’on a par rapport à soi-même et à la vie sans l’autre, pas pour l’être qui est décédé et n’a nullement besoin de notre peine. 

Aujourd’hui, je réponds à mon fils que la tristesse n’est pas obligée, que l’on peut ressentir beaucoup de gratitude pour cet être qui a fait un bout de chemin avec nous, qui l’a rendu plus beau, plus joyeux peut-être. Qu’on doit respecter le choix qu’il a fait de mourir à ce moment-là.

Je ne dis pas que la prochaine fois qu’un être cher va mourir je ne vais pas pleurer toutes les larmes de mon corps, que je ne vais pas ressentir l’absence, le manque…

Je ne dis pas que si l’on se croise et que tu es triste je ne te serrerai pas fort dans mes bras.

Ceci est plus une simple invitation à interroger nos manières de réagir face à des évènements, au lieu de rester dans le même de vue point fixe pris pour acquis, de souvent aller dans le sens du drame et de l’histoire ressassée.

J’imagine mon fils, plus âgé, se rendre à des funérailles d’un être cher et d’irradier toute la joie qu’il irradie aujourd’hui. J’espère qu’elle sera aussi forte et présente qu’à ce jour, j’espère qu’il ne choisira jamais de valider la réalité des autres, j’espère qu’il continuera de choisir la joie, même s’il pleure un bon coup de temps en temps.

Grâce à Yuri, j’interroge tout le temps ma manière de réagir, souvent conditionnée.  Et, pour lui, pour moi, je choisis autrement et c’est tellement plus léger.

Si tu es souvent triste, que tu vis un deuil, ou que simplement tu as envie de commencer à choisir différemment, fais-moi signe.

Avec douceur,

Chloé

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s